
Julia Reid-Howell bat le record du monde du 1 km le plus rapide en courant avec une poussette
March 17, 2026
Qui est Julia Reid-Howell? Julia est une coureuse et nouvelle maman de Fredericton qui vient tout juste d’inscrire le record Guinness du kilomètre parcouru le plus rapidement derrière une poussette.
Le 28 février, des enthousiastes se sont rassemblés au Gagetown Fitness Centre d’Oromocto pour regarder Julia et sa fille Winnie, âgée de 17 mois, tenter de battre le record. Elles ont terminé avec un temps de 3 min 17 s, soit 18 secondes de moins que le record actuel.
En attendant la confirmation officielle de Guinness World Records, nous avons parlé avec Julia de sa tentative et de ce qui l’avait amenée là.
Pouvez-vous nous parler un peu de la façon dont vous avez été incitée à tenter de battre ce record? D’où vous est venue l’idée et qu’est‑ce qui vous a motivée à essayer?
L’idée m’est apparue à la fin de la saison de course de l’an dernier. J’avais bouclé un parcours de 5 km lors du ParkRun local du pont piétonnier Bill Thorpe avec ma petite fille dans sa poussette et j’ai été surprise de la vitesse que j’avais pu atteindre sans vraiment me pousser. J’ai ainsi décidé de réessayer et de battre mon record personnel au 5 km avec poussette. Après avoir presque franchi la barre des 20 minutes (ce qui est devenu mon nouvel objectif), j’ai commencé à me renseigner sur les records du monde des coureuses avec poussette les plus rapides. Je savais que ce genre de records existait, car j’avais entendu parler d’un père de Toronto qui avait tenté d’obtenir le record du marathon le plus rapide avec une poussette pendant l’automne. J’avais aussi lu un article sur le record masculin du mille le plus rapide. Je me suis alors mise à vérifier quels étaient les distances et les temps précis à battre, ce qui m’a menée au 1 km, dont le record était alors de 3 min 35,14 s, établi par une dénommée Sally Onn en France. Je sentais que j’étais capable de battre ce temps dans ma forme actuelle et ce sentiment m’a munie d’un objectif puisque je n’avais aucune course prévue pour quelques mois. Lorsque j’ai fait part de mon idée à mes coéquipiers et mon entraîneur, ils m’ont encouragée à m’inscrire et à tenter le coup, ajoutant qu’ils m’appuieraient de toutes les façons possibles.
Quel genre d’entraînement et de préparation ai-je suivi en vue de ma tentative?
Mon entraîneur m’a recommandé de prendre une pause d’entraînement en novembre et décembre pour me concentrer sur l’augmentation du kilométrage et les courses faciles. J’ai ainsi pu promener ma fille en poussette plus souvent qu’auparavant, ce qui m’a donné le temps de m’habituer à la sensation d’aller vite, de pratiquer le maintien d’un contact constant avec la poignée et d’alterner les mains. J’ai ensuite intégré une séance par semaine de course rapide avec la poussette. Quand il faisait beau, nous allions dehors; sinon, nous allions courir sur la piste du Centre Grant Harvey ou la piste intérieure du centre de conditionnement physique de la base à Oromocto. Nous retrouvions aussi des amis une fois par semaine pour une sortie extérieure. Ma fille portait ses lunettes de protection contre le froid et je la mettais dans une chancelière d’hiver; elle adorait observer le paysage, prendre l’air frais et socialiser avec nos amis!
Mes séances de course rapide consistaient en des entraînements par intervalles, à mon allure cible pour le 1 km ou plus rapide. Une séance typique avec la poussette comprenait par exemple un échauffement de 10 minutes, 6 fois 200 m en 35 secondes, 2 fois 400 m en 1 min 20, 1 fois 600 m en 2 min 5, puis un retour au calme de 10 minutes. Ma fille aimait en particulier les séances rapides. Je lui demandais si elle voulait aller vite et elle répondait toujours « Ouiii! » en tapant des mains.
Y a‑t‑il un moment de la course qui vous a semblé particulièrement mémorable?
Ce qui m’a le plus marquée lors de ma tentative de record du 1 km est le moment où j’ai baissé les yeux et j’ai vu à quel point ma fille était heureuse. Elle a tapé des mains, donné des coups de pied et ri tout le long du parcours… Cette image est gravée dans ma mémoire et elle me remplit de bonheur! Un autre aspect important de la journée a été l’appui de mon équipe et de mon mari, qui étaient là pour m’aider de toutes les façons possibles, ainsi que celui de nos amis et de notre famille qui nous ont encouragées virtuellement, via Facebook Live.
Quelle influence devenir maman a‑t‑il eue sur votre rapport avec l’activité physique? Avez‑vous dû faire des changements ou vous adapter?
Beaucoup de changements et d’adaptation se sont avérés nécessaires depuis que je suis devenue maman, tant sur le plan physique que mental. J’ai certainement une appréciation et un amour plus profonds pour la course et l’exercice. Mon rétablissement après une césarienne a été une véritable prise de conscience pour moi; ralentir et reprendre l’activité physique graduellement n’a pas été facile, mais c’était essentiel.
Un autre facteur dont on parle peu est l’allaitement lorsqu’on est athlète : il faut veiller à bien s’hydrater, manger suffisamment d’aliments riches en nutriments et plus de calories que normalement (surtout quand ion est végétarienne), et planifier les sorties ou les entraînements entre les périodes d’allaitement ou tirer du lait maternel pour que mon mari puisse le donner pendant que je participais à une pratique d’équipe ou à une longue course ou sortie.
Je crois que l’intégration de ma fille à nos activités physiques, comme les marches en famille, les randonnées dans la nature, le vélo, le patinage et la course, non seulement rapproche notre famille, mais montre aussi à ma fille que nous pouvons faire ces choses ensemble. Et j’espère pouvoir être un modèle pour elle dans cet aspect de la vie – en lui montrant que les femmes peuvent continuer à poursuivre leurs rêves et à rester actives après être devenues mamans!
Quel conseil donneriez‑vous aux autres mamans qui songent à intégrer l’activité physique dans leur quotidien déjà bien rempli?
Je comprends que l’accouchement et le rétablissement post‑partum sont des cheminements uniques pour chaque femme, et que toutes les mamans ne jouissent pas du temps ou du soutien voulus pour rester physiquement actives. J’ai dû, comme maman pour une première fois, trouver par essais et erreurs ce qui fonctionnait le mieux pour notre famille. Dans mon cas, cela signifiait beaucoup me promener avec la poussette, souvent en compagnie de nos deux chiens, courir sur le tapis roulant pendant les siestes de ma petite, lever des poids pendant qu’elle jouait dans son parc à côté de moi, et, une fois qu’elle a été assez grande, elle a commencé à m’accompagner dans mes courses avec poussette, vers la fin avril et le début mai (elle avait environ six mois).
J’ai recommencé à m’entraîner avec mon club de course, les V‑MAXXERS de Fredericton, une fois par semaine, quatre mois après l’accouchement. C’était ma principale « sortie sociale », et j’attends toujours ce moment avec impatience. Je crois qu’il est tellement important de continuer de faire ce qui nous rend heureuses, que ce soit en intégrant son bébé à l’activité ou en prenant un peu de temps pour soi, ne serait-ce qu’une trentaine de minutes. Je pense que les mères se sentent souvent coupables de se passer avant leurs enfants dans un tel contexte, mais je sais que courir après l’accouchement a énormément aidé ma santé mentale et que je pouvais par la suite être une meilleure version de moi‑même pour mon bébé. Il existe tellement de programmes à Fredericton pour les nouvelles mamans et leurs bébés… Y participer est une excellente façon de rencontrer d’autres mamans qui essaient de devenir actives ou veulent l’être dans cette nouvelle étape de leur vie, tout en tissant des liens avec leurs jeunes enfants.
Quelles sont les prochaines étapes pour vous (et Winnie)?
J’ai recommencé à travailler cette semaine et Winnie est maintenant à la garderie à temps plein. Nous nous adaptons donc à cette nouvelle phase! J’espère continuer à courir avec elle le plus souvent possible et une fois que les sentiers seront dégagés, je tenterai d’améliorer mon record personnel au 5 km avec poussette. J’ai hâte au temps plus chaud et je suis impatiente de passer beaucoup de temps à l’extérieur.

